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Tous nos mots
AIGRE DOUX
Et s’il nous faut dératiser les catacombes du tout Paris,
Les jambes enfouies jusqu’à mi-fesses, de nos folies, de nos folies,
Laver nos yeux, laver ch’veux, laver nos mains, laver nos vies,
Au bord de la fosse à purin, pleurer pour que tombe la pluie.
Sur les décombres de nos ombres, quelques secondes
Nos poings sérrés durs et brandis dans la pénombre,
S’élèvent, se dressent, colère, dépit et puis retombent.
S’il nous faut plonger tête baissée au fond du trou, dans les méandres,
De nos mémoires, en brasse coulée ,et faire valser les salamandres,
Souffler nos peurs, souffler nos cris, souffler nos rages sur nos orages,
Accroupis sur les nénuphars, assécher tous nos marécages
Sur les autels de nos phobies qu’on sacrifie,
Coran, Thora et autres je vous salue Marie,
Quelques grenouilles les bras en croix, les culs bénis,
S’il nous faut compter un par un les goélands, les cormorans,
La tête coincée dans une girouette, les ailes au vent, les ailes au vent,
Claquer des doigts, claquer du bec, claquer des plumes, claquer des dents,
Près du miroir aux oubliettes, chanter pour revoir ses 20 ans.
Sous nos soleils pharmaceutiques, nos rêves flétrissent,
Nos peaux ridées tannées, brunies et hermétiques,
Se déchirent en haut de nos mats que fiers on hisse.
Puisque ça crèpe en fin d’semaine, que mercredi aussi ça rit,
Que des petits partout fleurissent du lundi jusqu’au vendredi,
A toutes ces mères, pour leurs sourires, du fond des yeux, je dis merci
Même si mes mots, tous les plus beaux, se destinent à la plus jolie.