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DANSE D’UNE VIE
Un filet de sang sur la courbe de ses hanches,
Le destin a frappé sur sa peau bien trop blanche,
Un visage qui s’incline, c’est tout son corps qui flanche,
Aux douleurs des autres, toujours on reste étanche.
Des larmes se bousculent aux frontières du silence,
Elles roulent sur des joues décharnées de souffrance,
Et s’offrent en spectacle à ce monde d’impuissance,
Etrange tableau raté, pourtant, quelle insouciance.
Des souvenirs resurgissent et abondent en masse,
Une vie qui défile, des images qui s’effacent,
Un réveil qui sonne, la pluie, le temps qui passe,
Des sourires et des pleurs, et le ciel qui menace.
Des ombres et des fées sous le lit cohabitent,
Des pas dans l’escalier, elle se revoit petite,
Le miroir qui rigole, le pantin mécanique,
Ca tourne dans sa tête, et ça claque, et ça clique.
Soudain tout s’illumine, autour d’elle on s’agite,
Mais ça tourne toujours, toujours encore plus vite,
Le vent, les feuilles, la neige, et puis toujours ce bip,
On parle doucement de peur qu’on la fatigue
Mais la fatigue, pour elle, c’est son dernier souci,
Elles se posent les cigognes, elle est au paradis,
Dans son crâne ça rigole et ça chante et ça rit,
Elle y croise ses proches, ses amours, ses amis,
Etendue sue le dos, dans cette chambre trop blanche,
Elle s’endort en silence car demain, c’est dimanche,
De s’être trop battue, la vie reprend ses tranches,
Il lui faudra pourtant remonter sur les planches.
Un filet de sang sur la courbe de ses hanches,
Le destin a frappé sur sa peau bien trop blanche,
Un visage qui s’incline, c’est tout son corps qui flanche,
Elle est mère maintenant, elle a donné naissance.