Les Mots Qui Courent


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Il neige

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Il neige


La semaine commence à peine et comme tous les lundis,
La radio vomit sa haine, ses malheurs en séries.
Le rituel reste le même, le café réchauffé,
Bonnet, cache-nez et mitaines, un autre jour peut s’échapper.
L’autobus juste saisi, au fond à gauche, ma place m’attend.
Denis, Stéphane, Nono aussi, 6h37 c’est réjouissant.
On s’en va jusqu’au terminus, alors pour passer le temps,
Les blagues fusent du fond du bus toutes grivoises évidemment.

Dans nos rangs, sous la pluie, ni le temps, ni l’envie
De se mettre à genoux devant tout ce gâchis.
Il neige sur Paris, il neige sur vos vies.
Vos tristesses généreuses, sur nous n’ont pas agit.
Il neige sur Paris, il neige sur vos vies.
Vos tristesses généreuses, sur moi n’ont pas agit.

Les portes glissent sur la grisaille, on grille notre 1 cigarette.
Pour nous la surprise est de taille, la tôle n’est pas encore ouverte.
Aucune voiture sur le parking, aux fameuses places réservées.
Derrière nos sourires de façade, on commence tous à s’inquiéter.
Devant les portes toujours closes, un petit groupe s’est formé,
De femmes et d’hommes, les autochtones, tous plus on moins qualifiés.
8h17 les contremaîtres, ceux qu’on craint mais qu’on caresse.
Sur leurs visages souvent ternis, c’est l’inquiétude qu’on lit aussi.

Dans nos rangs, sous la pluie, ni le temps, ni l’envie
De se mettre à genoux devant tout ce mépris.
Il neige sur Paris, il neige sur vos vies.
Vos tristesses généreuses, sur nous n’ont pas agit.
Il neige sur Paris, il neige sur vos vies.
Vos tristesses généreuses, sur moi n’ont pas agit.

Les secondes, les minutes s’égrainent, on parle, on rit, on tue le temps.
On échafaude des hypothèses en évitant consciencieusement,
Ce que tout un chacun redoute, ce que l’ensemble a deviné,
Nos dirigeants ont pris le route, on se sent comme abandonné.
11h10 claque comme un coup de feu, la presse locale s’est déplacée.
Pour nos chefs, week-end fructueux, ils ont soldé la société.
Le coup est rude, on le digère, chacun regarde ses chaussures.
2 ans, 3 jours, une minute, et c’est Nono qui brise le mur.

Dans nos rangs, sous la pluie, ni le temps, ni l’envie
De se mettre à genoux devant tout ce mépris.
Il neige sur Paris, il neige sur vos vies.
Vos tristesses généreuses, sur nous n’ont pas agit.
Il neige sur Paris, il neige sur vos vies.
Vos tristesses généreuses, sur moi n’ont pas agit.

En ¼ d’heure le tourbillon, les insultes giclent à gros bouillon.
Le défouloir, les noms d’oiseaux, les promesses de révolution.
Puis la baudruche se dégonfle, tout d’un coup la désolation.
Par quel côté saisir le monstre, on débute tous en rébellion.
12h35 une voix s’élève, personne n’a vu le temps tourner,
On n’fait rien de bon le ventre vide, faudrait qu’on pense à déjeuner.
Autour d’un verre ça s’organise, commence la valse des idées.
On monte notre petite entreprise, de nouveaux rôles sont distribués.


Dans nos rangs, sous la pluie, ni le temps, ni l’envie
De se mettre à genoux devant tout ce mépris.
Il neige sur Paris, il neige sur vos vies.
Vos tristesses généreuses, sur nous n’ont pas agit.
Il neige sur Paris, il neige sur vos vies.
Vos tristesses généreuses, sur moi n’ont pas agit.

Les jours se suivent et ça grossit, on atteint même notre apogée.
Un vrai campement, une petite ville ,on parle de nous à la télé.
Pour qualifier nos dirigeants, ils leur ont même trouvé un nom,
Patrons-voyous qu’ils les appellent , on la tient notre résurrection.
Si j’avais connu une jeunesse ressemblerait peut être à ça,
Effervescence, fous-rires, romances, rêves d’enfants
seulement voilà,
Un mois déjà et ça s’essouffle, beaucoup déjà marquent le pas.
Vers d’autres scoops bien plus juteux se sont tournées les caméras.

Dans mon sang, sous la pluie, ni le temps, ni l’envie
De me mettre à genoux devant tout ce mépris.
Il neige sur Paris, il neige sur vos vies.
Vos tristesses généreuses, sur moi n’ont pas agit.
Il neige sur Paris, il neige sur vos vies.
Vos tristesses généreuses, sur moi n’ont pas agit.

La semaine commence et peine et comme tous les lundis,
La radio vomit sa haine, ses malheurs en séries.
Le rituel reste le même, le café réchauffé,
Bonnet, cache-nez et mitaines, un autre jour peut s’échapper.
L’autobus juste saisi, au fond à gauche, ma place m’attend.
Nono, Nono, Nono aussi, 6h37 c’est déprimant.
On s’en va jusqu’au terminus, alors pour passer le temps,
On s’remémore des blagues grivoises qui fusaient , oui c’était avant.

Dans nos rangs, sous la pluie, ni le temps, ni l’envie
De relever le coup devant tout ce mépris.
Il neige sur Paris, il neige sur nos nuits.
Vos tristesses généreuses, ont dévasté nos lits.
Il neige sur nos nuits, ,il neige sur Paris.
Vos tristesses généreuses, ont dévasté nos vies.
Il neige sur Paris, il neige sur nos lits.
Il neige sur Paris, il neige sur nos nuits.
Il neige sur Paris, il neige sur nos vies.
Il neige sur Paris.


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