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Les elagueurs

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Les Elagueurs


Elagueur, quel beau métier, nos esprits pris dans les feuillages,
Elagueur, quel joli métier, je veux le faire jusqu’à plus d’âge.
Nous n’coupons pas tout c’qui dépasse, même si les cons croient qu’ça nous dépasse.
Nous n’coupons pas n’importe comment, bien tailler, c’est important.
Nous coupons pour que ça repousse encore encore et toujours plus fort,
Nous coupons pour éviter les mousses, les parasites et les doryphores.
Nous coupons pour que ça repousse plus touffus, plus dense et à tord,
On nous prend pour des voleurs de vie, nos tranchants demeurent incompris.

Bien juchés en haut de nos nacelles, nous pouvons contempler le monde,
Les herbes folles et les hirondelles, les klaxons, les moteurs qui grondent.
Et pour nous tenir informés, point besoin de faire de dessin,
Lorsque passent les manifestations, leur fréquence et leur nombre en dit long.
Elagueur, quel beau métier, nos esprits pris dans les feuillages,
Elagueur, quel joli métier, je veux le faire jusqu’à plus d’âge.
Nous n’coupons pas tout c’qui dépasse, même si les cons croient qu’ça nous dépasse.
Nous n’coupons pas n’importe comment, bien tailler, c’est important.

Elagage et bucheronage ne souffrent pas la comparaison,
Surtout n’allez pas vous méprendre sur notre noble profession.
Si quelques arbres aux idées saugrenues s’avisent à prendre de l’assurance,
Nous n’les mettons pas forcément à nu, nous les laissons tenter leur chance.
Ce n’est que lorsqu’ils incommodent les plus petits, les plus chétifs,
Que nos (serpettes)coupe-coupe remettent de l’ordre chez les vaniteux, les rétifs.
Nous coupons pour que ça repousse encore encore et toujours encore,
Nous coupons pour éviter les mousses, les parasites et les doryphores.
Nous coupons pour que ça repousse plus touffus, plus dense et à tord,
On nous prend pour des voleurs de vie, nos tranchants demeurent incompris.


Détracteurs, merles moqueurs, qui disposent de la raillerie facile,
Nous qualifiant de triple idiot, d’attardés ou d’imbéciles,
Si toutefois vous comprenez ces mots, je vous les laisse à méditer,
Et vous dévoile le sombre paradoxe qui par malheur fait notre métier.
Nous les élagueurs de quartiers, nous autres les barbiers de ces villes,
Nous coloristes des banlieues, nos fresques pourtant virent au triste,
Car aussi vrai que nous aimons l’arbre, nous le coupons pour qu’il s’étoffe,
Dans un monde qui ne sera jamais le sien,
Dans un monde qui ne sera jamais le sien.




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