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Tous nos mots
Nos mémoires
On s’est tous réveillés très tôt, on s’est fait tristes, on s’est fait beau,
Nos pas nous ont menés hagards, sans défaillir dans nos mémoires.
On se sent tous un peu fautifs, trop peu de temps d’instants furtifs,
Dérobés au fil de nos vies, de parenthèses
Alors on pleure, alors on rit
On se retrouve, rien n’est fini
Les poings sérrés au fond des poches, le long cortège s’est ébranlé,
Tous ressassant dans nos caboches, nos étincelles, nos rires passés
Sur deux tréteaux se dresse la table, un peu coincé, tout juste affable,
L’alcool aidant, ça se déride, éclats de rires, comble nos vides.
Alors on pleure, alors on rit
On se retrouve, rien n’est fini
Chacun s’évade dans sa tête, mais c’est ensemble qu’on se ressource,
A l’infini le temps s’égraine, une anecdote, les cafés courent.
Ces courts instants on les préservent, chacun repousse la fatigue,
Si tour à tour on s’assoupi, c’est pour les autres qu’on reste aussi.
Alors on pleure, alors on rit
On se retrouve, rien n’est fini
Au creux de l’âtre s’esquisse un sourire, du fond des yeux s’excuse un souvenir
Et le silence parfois pesant, ici, apaise,
Les verres se vident, on les remplit, les ballons roulent, le vent, la pluie,
Sous les paupières endolories, le feu, la braise.
Alors on pleure, alors on rit
On se retrouve, rien n’est fini
On s’est tous réveillés très tôt, on s’est fait tristes, on s’est fait beau,
Nos pas nous ont menés hagards, sans défaillir dans nos mémoires.